Plume de satin   Inscrit le: 26/3/2008 De: LIEGE Envois: 13 |
LE PEINTRE D'AQUARELLES Un hommage au peintre belge, Magritte.
Il était peintre d’aquarelle, mais ne savait pas nager !
C’est l’histoire d’une noyade dans l’art brut du surréalisme, Une histoire d’eau qui n’est pas sans risque de naufrage.
Tout art est une expérience à la limite de soi, poésie des extrêmes, Si l’eau est incolore, elle n’est pas indolore !
Sa peinture est transparente comme la peau d’un enfant, Et salée aussi, comme ton entre-jambe, quand vient l’heure du lit.
C’est une chronique de liquides qui coule sur papier, papier collé, coupé, Les couleurs s’émerveillent du talent de ce peintre un peu fou.
Ceci n’est pas une pipe mais une fellation, à sucer l’avenir, Nul ne tète le passé.
C’est une histoire de papier, d’épiderme couvert de ses pleurs, larmes, Comme s’écrit papyrus, aux eaux fertiles du Nil.
Ecriture à la pointe des roseaux, là où Moïse nagea, tristesse et solitude De l’artiste, l’aquarelle se dit, peinture sur ta peau mouillée.
Tatouages fabriqués à la lueur des étoiles, avec les fibres nues d’une chaleur végétale. L’eau suinte comme un grand flot tourmenté.
A peindre des nus de femmes il transpire son âme, dénudées, Fébriles, couleurs d'une lumière qui n’a pas de surface.
Ceci n’est pas un pénis aux couleurs changeantes, moirées de reflets bleus, Turgescents, c’est un ange aux ailes déployées dans un ciel de diamant.
Selon les sentiments et les peurs qui le gagnent, il peint des Impressions aux couleurs des objets : Couleurs de chair meurtrie.
DEUXIEME AQUARELLE
Claire comme l’aube ou foncée, sombre ou franchement vive, Couleurs criardes et juteuses comme de la viande crue, steak.
Couleurs voyantes devant sa boule de cristal, vision, perspective, Aux couleurs trop tendres comme un sein de jeune fille, impubère.
Couleurs pâles comme délavées de pluie, passées par le temps, fanées de saisons mortes, dilatées. Couleur tirant sur l’agonie.
Ceci n’est pas une vulve, c’est un vagin denté comme les dents de la mère. Petit requin roux comme tout vêtue de pieuvres.
D'une seule couleur, il recouvre le ciel d’un nuage de coton, Il fait du mouton un ciel bêlant mal’ an, comme passe le temps.
Ceci n’est pas un acte charnel mais un cunnilingus des trois couleurs primaires, pour dire l’arc-en-ciel entre toi et moi. Alliance.
Monochrome sa touche, parfois, au fond d’une malle ou dort, Unicolore; le camaïeu des jours de grisaille.
De deux ou trois couleurs, il trace des cheveux tout mouchetés D’étoiles chamarrées. Il tire le beau, il fait bon peindre en ces temps là !
Il peint des yeux arc en cieux, couleurs de pierres précieuses, violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé et rouge d’un sang vermeil.
Couleurs des quarks, quand l’amour en bataille se donne volupté, Couleurs déterminées par le son métallisé d’une musique hard.
Il porte aujourd’hui les couleurs de son propre deuil, carmin, Ceci n’est pas un drapeau à la hampe monstrueuse, mais un chagrin.
Ceci n’est pas un papillon, c’est l’organe d’un mâle, d’un violeur arborant les couleurs de son pays, paysages de violences, nature morte.
Ceci n’est pas un insecte mais un inceste, comme hissé sur le corps des vierges. La peinture d’une société malade de son propre sexe.
La nuit annonce la couleur du jour, sans dévoiler ses véritables intentions. L’abusée sur la toile va perdre ses couleurs, le choc a été trop fort !
Il va changer la couleur en colère, la matière en réflexion. Le papier passe par toutes les couleurs, toutes les femmes de couleur sont belles à croquer. Surtout les Noires.
TROISIEME AQUARELLE
Il va utiliser toutes les teintes, tous les coloris de la nature, il va employés dans un tableau tous Les fondus de couleurs qui coulent dans ses mains moites.
Couleurs contrastées, opposées, dégradées comme gammes d’harmonies, symphonies de couleurs, palettes infinis de son petit corps torturé par les grandes eaux.
Il peint avec ses propres sécrétions, toutes les biles liquides du corps humain.
Il peinturlure de sperme mélangé de peinture, les crachats, les sueurs et les glaires, qu’il prépare avec de l’alcool obtenu par distillation de son propre sang.
Il peint, par infusion des substances de son propre regard de visionnaire, Avec des essences parfumées, de couleurs odorantes, comme de l’eau De rose crue.
Sous son pinceau, il étend des sérosités pleines de mal, des cloques et des ampoules pleines d'eau. C’est son Titanic à lui !
Couleurs transparentes qui se laissent délayées dans l'eau des ruisseaux. Le peintre rame à l'aviron comme pour garder le cap.
Son modèle pose nue à la surface de l'eau, tel un Jésus se mouvant sur Une mer démontée.
Il fait de l’aquarelle en piscine pour apprendre à nager sous l'eau, Comme un poisson de galerie, un rat d’exposition.
Il nage entre deux eaux, deux bras, deux cuisses, deux contraires, deux Couleurs, deux contrastes, deux seins, deux yeux, deux mains ….car demain est un autre jour !
Il ménage deux partis sur sa toile de fond. L’aquarelliste nage en eau trouble, car sa vue est peu claire. Il peint une bouée de sauvetage.
Il baigne dans l’aquarelle, plongé comme Archimède dans un liquide trop lourd et trop abondant, épais comme le sang d’une Sirènes tuées
Plénitude des sentiments peints comme pains bien trop cuits Plénitude des états de grâce et des ébats de chairs. Aquarelle.
Le peintre ne nage pas dans la joie, mais dans l’oppression de l’eau qui n’est pas bénite !
Le peintre blessé, se met au large, dans des vêtements bien trop larges Pour lui, Il nage, nu sous son tablier de peintre.
Angoisse de la feuille blanche, bien trop petite pour contenir toutes ses multiples frustrations.
Ceci n’est pas un tableau, ni une aquarelle, c’est un poème, banal comme Un simple souffle qui s’achève de respirer.
Hayley SOULED
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